Un guide clair pour comprendre les risques, les chiffres récents et les solutions possibles
Quand les paiements hypothécaires deviennent lourds, la première peur surgit vite : « Est-ce que je vais perdre ma maison? » La réponse n’est presque jamais automatique. Elle dépend de la nature de l’immeuble, de l’équité disponible, des autres créanciers garantis, de la province et, surtout, du type de solution envisagée avant qu’une crise ne devienne une saisie.
Les données récentes montrent un paysage contrasté. Selon l’Association des banquiers canadiens, un prêt est considéré en souffrance lorsqu’il accuse trois mois ou plus de retard. En mars 2026, le taux national des prêts hypothécaires en souffrance était de 0,28 %. Autrement dit, plus de 99 % des détenteurs d’hypothèques bancaires au Canada n’étaient pas en défaut sérieux. Ce chiffre demeure faible, mais il a remonté par rapport aux creux observés après la pandémie.
Le Québec présente une situation un peu moins tendue que la moyenne canadienne. Pour la période se terminant le 28 février 2026, l’Association des banquiers canadiens indiquait 1 809 prêts hypothécaires en souffrance sur 931 452 prêts au Québec, soit 0,19 %. À l’échelle canadienne, le même tableau recensait 13 749 prêts en souffrance sur 4 937 235 prêts, soit 0,28 %. Ces pourcentages peuvent sembler minuscules, mais derrière chaque dossier il y a un budget, une famille et souvent plusieurs mois de stress silencieux.
La SCHL observe aussi une pression grandissante. Son rapport récent sur le marché hypothécaire résidentiel indique que la dette hypothécaire résidentielle canadienne dépassait 2,4 billions de dollars en décembre 2025. Elle note également que le stress des emprunteurs augmente avec un marché du travail plus fragile et les effets accumulés des taux d’intérêt élevés. Une autre analyse de la SCHL prévoit que les arriérés hypothécaires devraient continuer de monter modérément de la fin de 2025 à la fin de 2026, avec des différences importantes selon les marchés.
Cela dit, un retard hypothécaire n’est pas toujours synonyme de perte de résidence. La première question à poser est simple : s’agit-il de votre résidence principale ou d’une résidence secondaire? Dans certaines provinces, une exemption peut protéger une partie de l’équité de la résidence principale. Au Québec, toutefois, il n’existe pas d’exemption générale de résidence principale en faillite. S’il y a de l’équité, elle doit donc être analysée avec soin.
L’équité est le montant qui resterait théoriquement après la vente de la propriété, le remboursement de l’hypothèque, des frais de vente, des taxes applicables et des autres créances garanties. Si l’immeuble appartient à plusieurs personnes, seule votre part doit être examinée. S’il s’agit d’une résidence secondaire, un gain en capital imposable pourrait aussi influencer l’analyse. Voilà pourquoi le titre de propriété, l’acte d’achat, l’acte hypothécaire et les inscriptions publiées contre l’immeuble deviennent des pièces maîtresses du casse-tête.
Lorsque l’équité existe, la faillite n’est pas la seule route. Une proposition de consommateur peut permettre de conserver ses biens tout en offrant un règlement aux créanciers. Dans d’autres cas, il peut être possible de verser l’équité selon une entente raisonnable. Si aucune équité n’existe, le maintien de la maison dépend surtout de la capacité à reprendre et maintenir les paiements hypothécaires courants.
Le bon réflexe est donc d’agir tôt. Attendre que les lettres s’accumulent ou que le prêteur perde patience réduit les options. Une consultation avec un syndic autorisé en insolvabilité permet de mesurer l’équité réelle, de comparer les scénarios et de protéger ce qui peut l’être. Avant de conclure que la maison est perdue, il faut ouvrir le dossier, sortir les chiffres et choisir la solution avec lucidité. La peur crie fort; les calculs, eux, éclairent mieux.
À retenir
Un défaut de paiement est un signal d’alarme, pas un verdict. La clé est d’évaluer rapidement l’équité, le type de propriété, les créanciers garantis et les solutions possibles avant que les procédures ne s’accélèrent.
Si vous éprouvez des difficultés à arriver, il est important de ne pas attendre que la situation s’aggrave. Nous pouvons vous aider à comprendre vos options et à trouver une solution adaptée à votre réalité financière.
Si vous éprouvez toujours des difficultés malgré certains changement de vos habitudes, sachez que nous sommes là pour vous aider à reprendre le contrôle de vos finances.
Si vous sentez que vous n’avez plus le contrôle sur votre situation financière, il n’y a aucune honte à consulter un syndic autorisé en insolvabilité qui saura vous accompagner et vous aider à voir cotre avenir après les dettes!
Plusieurs façons pour joindre l’équipe de Ginsberg Gingras :
- Par téléphone (800) 567-1905
- Site web ginsberg-gingras.com
Sources utilisées pour les statistiques
- Association des banquiers canadiens, ‘Mortgages in arrears in Canada – what the numbers mean’, données les plus récentes indiquant 0,28 % en mars 2026.
- Association des banquiers canadiens, ‘Nombre de prêts hypothécaires à l’habitation en souffrance’, période se terminant le 28 février 2026, données Québec et Canada.
- SCHL, ‘Residential Mortgage Industry Report’, données publiées en 2026 sur la dette hypothécaire et le stress des emprunteurs.
- SCHL, ‘Mortgage renewal wave strains some regions and borrowers’, analyse publiée en 2026 sur la hausse modérée attendue des arriérés.