La hausse des taux d’intérêt entraînera-t-elle plus de faillites?

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Hausse des taux d'intérêt

La hausse des taux d’intérêt entraînera-t-elle plus de faillites?

La hausse du taux d’intérêt directeur par la Banque du Canada (BdC) a beaucoup fait jaser le mois dernier. Pour cause puisqu’il s’agissait d’une première hausse en près de 7 ans. Pendant quelques jours, on aurait dit que tout le monde retenait son souffle!

Est-ce que les Canadiens et Canadiennes ont les reins assez solides pour absorber cette hausse? La hausse des taux d’intérêts poussera-t-elle plusieurs personnes à déclarer faillite?

Tour à tour, économistes et experts financiers ont défilé dans les médias pour expliquer à quelles conséquences il fallait s’attendre.

Un mois plus tard, la poussière est maintenant retombée et tout le monde respire de nouveau normalement. Il est donc temps de revoir les conséquences de cette hausse des taux d’intérêt sur les consommateurs.

Conséquences minimes de la hausse des taux d’intérêt mais…

Dans l’immédiat, la majorité des consommateurs n’ont pas à craindre la hausse du taux d’intérêt directeur.

Dans un premier temps, les institutions financières sont libres de fixer leurs taux hypothécaires elles-mêmes. Les fluctuations du taux directeur de la BdC ont certes une incidence sur les taux des banques, mais celles-ci ne sont pas automatiquement identiques.

Deuxièmement, l’augmentation de 0,25 % est minime.

Prenons l’exemple d’une personne dont la banque augmenterait les taux du même pourcentage. Cela se traduirait par des coûts mensuels supplémentaires d’environ 30 $ pour une hypothèque de 200 000 $ amortie sur 25 ans. Bien entendu, seules les personnes ayant une hypothèque à taux variable subissent cette légère augmentation immédiatement. Les personnes qui ont une hypothèque à taux fixe ne seront pas touchées jusqu’au moment de renouveler. Et même à ce moment, il leur sera possible de tirer avantage de la compétition féroce entre institutions financières. Elles pourraient ainsi négocier leur taux et minimiser les conséquences de la hausse du taux directeur.

Alors est-ce que les lanceurs d’alerte qui invitent les gens à la prudence exagèrent?

Non! Il y a bel et bien des risques.

Autres augmentations à venir?

Les économistes des grandes institutions financières du pays prévoient tous d’autres augmentations d’ici 2019.

Si la hausse du mois dernier n’est pas si dramatique, les prochaines le seront davantage. Le niveau qu’atteindra le taux d’intérêt directeur dictera l’ampleur des conséquences à prévoir.

Paul-André Pinsonnault, économiste principal de la Financière Banque Nationale, prédit que le taux directeur atteindra 1,50 % en 2018. Les paiements de notre exemple précédent – hypothèque de 200 000 $ amortie sur 25 ans – s’élèveraient alors à 175 $ de plus par mois. C’est plus de 2 000 $ par année.

Il est donc tout à fait normal de s’attendre à ce qu’une telle augmentation ait d’importantes conséquences sur bon nombre de familles. Cela ne signifie pas automatiquement que les Canadiens et Canadiennes feront faillite, mais beaucoup de propriétaires devront revoir leur budget. Des postes budgétaires tels que « loisirs » et « soupers au restaurant » devront diminuer afin de dégager les sommes d’argent requises pour payer l’hypothèque.

Mais pour ceux et celles déjà serrés et endettés, ces augmentations pourraient effectivement être le coup de grâce.

Les marges de crédit aussi touchées

Mis à part les hypothèques, d’autres produits comme les marges de crédit sont aussi touchés par la hausse des taux d’intérêt. D’ailleurs si l’on exclut les hypothèques, les marges de crédit constituent la plus grande partie de l’endettement des ménages canadiens (48 %).

Selon un rapport de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada paru en juin, le solde moyen impayé de ces comptes est de 70 000 $.

Ainsi, les personnes détenant ce type de produit devront aussi prévoir des coûts supplémentaires en raison de la variation des frais d’intérêt.

En additionnant ces frais à l’augmentation des paiements d’hypothèques, la facture totale sera salée pour certaines personnes.

Vers une augmentation des faillites?

Le nombre de dossiers d’insolvabilité a atteint un niveau record en 2015. Il est cependant en diminution depuis grâce à des conditions économiques plus favorables et à un taux de chômage bas.

La hausse du taux directeur de la BdC est d’ailleurs directement liée à l’économie, forte et rigoureuse en ce moment.

Il est vrai que l’augmentation des taux d’intérêt entraînera immanquablement des problèmes financiers pour certains ménages. Ceci dit, rien ne porte à croire pour le moment qu’il faille anticiper une hausse importante du nombre de faillites prochainement.

Survivre à l’augmentation des taux d’intérêt

À long terme, pratiquement tout le monde ressentira les effets de la hausse des taux d’intérêt à différents niveaux. Certains seront cependant plus durement touchés que d’autres. Pour éviter que ce ne soit votre cas, n’attendez pas d’être dans le rouge pour agir.

Faites un plan tout de suite.

  • Utilisez des calculateurs d’hypothèques en ligne pour élaborer des scénarios possibles.
  • Révisez votre budget.
  • Constituez un fond d’urgence si vous n’en possédez pas encore.
  • Coupez immédiatement dans les dépenses superflues.
  • Modifiez dès maintenant vos habitudes les plus coûteuses.
  • Consultez dès maintenant un syndic autorisé en insolvabilité si vous n’arrivez plus à rembourser vos dettes.
Chantal_Gingras-img-2017

Chantal, Gingras, CIRP, SAI

Syndic autorisée en insolvabilité

Travaillant au sein de l’entreprise depuis 1993, Chantal Gingras possède une solide expertise dans le domaine de l'insolvabilité commerciale et personnelle. Elle obtient sa licence de syndic autorisé en insolvabilité en 1999.

Elle est une membre très active au sein de la communauté de même qu’auprès de nombreuses associations professionnelles.

Elle succède à Claude B. Gingras à titre de présidente de l’entreprise le 1er janvier 2013.

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